cultures

AJAP & PRADA.

par Vincent Arné architecte

Le 308 présente actuellement l’exposition des AJAP 2014, inaugurée en présence de six de ses représentants le 21 mai dernier.

Ce palmarès particulièrement relevé est l’occasion de se questionner sur la pertinence de cet évènement, sur les moyens mis à disposition par le ministère de la Culture et sur l’adaptabilité de ce type de procédé à l’échelle régionale. La venue de l’exposition comporte une double interrogation  : l’idée de décentralisation de la culture commençant à faire son chemin, avec seulement 10 des 18 agences primées qui exercent sur Paris probablement grâce à la présence de Marc Barani comme parrain de la session d’une part, et le fait de s’enthousiasmer de la venue à la Maison de l’Architecture d’Aquitaine d’un outil de promotion ne comportant cette année aucune agence locale.

En parallèle, la Maison de l’Architecture met en place le PRADA, PRix d’Architecture d’Aquitaine dont l’appel à candidature devrait être lancé à la fin de l’été pour une remise des prix en fin d’année. La récompense d’une œuvre et le palmarès sont deux outils qui poursuivent les mêmes buts mais qui y parviennent par des chemins bien distincts. Dans les avantages à mettre au crédit du prix, il y a la clarté de l’objet primé et la possibilité d’y associer la maitrise d’ouvrage pour la mise en place des conditions favorable à la création d’une Architecture de qualité. Le prix comporte donc la possibilité de faire d’une pierre, deux coups  : adjoindre la communication architecturale à une communication politique, incitative fertile dans son retour sur investissement.

Dans le cas du palmarès, le corpus exposé est conséquent, on le constate en parcourant l’exposition des AJAP ou récemment pour dithyrambes, l’outil semble mieux adapté à la mise en valeur de pratiques émergentes. L’intérêt de ce travail qui pourrait s’adosser sur le PRADA réside dans le développement des moyens et des outils critiques pour recenser de manière pragmatique les agences qui produisent et vont produire l’Architecture de demain afin de leur donner la possibilité d’expliciter leur démarche et donc de prendre du recul sur leurs pratiques.

Il s’agit avant tout de penser l’ancrage au territoire non pas comme un outil de discrimination, mais plutôt comme une démarche politique et économique à long terme. A l’image du travail réalisé par la Flandre, le Danemark ou la Suisse, ce travail permettra de se doter des moyens de développement de notre scène architecturale et du corpus critique qui lui correspond afin d’exister au-delà de nos propres frontières.

A noter que l’exposition est démontée fin Juin pour ce qui souhaiteraient la voir.