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Paysage page après page

par benoît hermet , concepteur-rédacteur


Atelier BV
Christophe Bouriette et Marion Vaconsin

Pour la plupart d’entre nous, habitants des villes, nous vivons dans des univers très minéraux. Quand la nature est là, c’est souvent pour mettre la ville en scène. Et aux portes de la ville, c’est encore un réservoir potentiel à bâtir. Depuis quelques années cependant, des paysagistes
de renom pilotent de grands chantiers d’aménagement urbain,
de Michel Corajoud hier sur les quais de Bordeaux, à Michel Desvigne demain au Vieux-Port de Marseille. Des élus s’emparent
de ces enjeux, des bailleurs associent des paysagistes à leurs cahiers des charges. Les temps changent, des passerelles
se créent, mais il y a encore
du chemin à parcourir, vous répondraient Marion Vaconsin
et Christophe Bouriette.

Diplômés de l’école d’architecture et de paysage de Bordeaux, elle comme paysagiste, lui comme architecte, également formé à l’urbanisme, ils sont parmi
les lauréats des Albums de la jeune architecture et du paysage décernés par le ministère de la Culture. Quand ils ont fondé leur agence, c’était précisément pour unir leurs compétences et proposer à chaque projet une vision d’ensemble.
Marion Vaconsin et Christophe Bouriette ont travaillé jusqu’à présent sur des aménagements publics.

Réflexion sur le parc des Coteaux en rive droite de la Garonne ; jardin du souvenir pour un cimetière paysager à Biganos, sur le Bassin ; création d’une promenade dans un ancien site industriel devenu quartier résidentiel à Lormont ; lavoir oublié transformé en havre de paix aux abords contemporains…

Tous deux ont une sensibilité aiguë du territoire, historique, géographique, humaine, mais aussi des ambiances, des sens. L’eau est souvent­ présente, ils implantent des milieux plus qu’ils n’or­chestrent des jardins, ils choisissent des essences locales, familières, chênes, bouleaux, noisetiers…

Le travail du paysagiste, comme celui de l’urbaniste, prend sa valeur avec le temps, avec les usages des habitants. Marion et Christophe voient leur rôle comme un livre à ciel ouvert sur lequel on écrit quelques pages, puis à l’image de la nature elle-même, les choses se font et se
défont, le livre passe entre d’autres mains…
Et l’histoire continue.