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Le lotissement est notre affaire !

par Nathalie HERARD, architecte-urbaniste, directrice du CAUE de Lot-et-Garonne

Face à la difficulté d’exploiter les gisements de rénovation de l’habitat ancien, les élus locaux continueront dans la Nouvelle-Aquitaine d’identifier le lotissement comme une des solutions majeures à l’accueil résidentiel.

Devant une telle évidence urbaine et sociale, les CAUE représentent une capacité de mobilisation de tous les acteurs de la chaîne de production, notamment dans leur rôle de sensibilisation.

Ils ont construit principalement leurs actions en direction de la maîtrise d’ouvrage publique, partant du double constat :

— Les élus subissent la production de lotissements privés, en s’accordant généralement sur l’absence de qualité paysagère et urbaine.
— Ils ne s’orientent pas vers le projet communal qui garantit souvent une meilleure maîtrise du projet. Et offre la possibilité d’innover !

En se rapprochant des architectes et paysagistes conseils de l’État, le CAUE 47, par exemple, propose, à l’occasion de matinales de l’aménagement économe , d’échanger sur les enjeux et bonnes pratiques au moment de l’accueil de lotissement dans les bourgs.

Dans ce cadre, au-delà de la sobriété économique, des points d’exigence sont mis en exergue tels que : l’ancrage du projet, du grand au micro-paysage, les conditions d’une liaison urbaine avec le bourg existant et l’offre d’espaces publics de qualité qui seront le lien entre tous les habitants.

Si on se place maintenant du côté de la maîtrise d’ ?uvre, et si on porte un regard un peu distancié sur la dernière avancée de la loi LCAP, il nous faut reconnaître collectivement qu’exiger que le PAPE (Projet Architectural Paysager et Environnemental) soit conçu par un architecte est une étape importante mais que celle-ci ne suffira pas à résoudre efficacement l’indigence de l’urbanisation contemporaine.

À un moment où la profession se recompose, n’est-il pas urgent de porter, le message de la qualité globale et de la pluridisciplinarité ?

Le lotissement de qualité interroge en effet toutes les disciplines (ainsi que toutes les échelles) : géographie, sociologie, histoire des lieux, paysage, urbanisme et bien entendu architecture et c’est à ce prix que leur conception sera réellement révolutionnée.

Les commanditaires publics ne s’intéressent pas nécessairement aux conditions de cette fabrique urbaine mais ils savent par contre qu’ils seront sévèrement jugés si le projet est trop grand, s’il ne crée pas de « ?vivre ensemble ? » voire si celui-ci attise les antagonismes entre administrés.

Sachons ensemble, architectes conseillers et architectes concepteurs, leur porter ce message global de qualité, valorisant les études préalables ! Proposons-leur des modes de collaboration professionnelle pertinente entre architectes ET paysagistes. Et démarquons-nous avec des méthodes de conception où la concertation avec les habitants contribue à un réel enrichissement du projet.

Samedi 17 mars – Matinale de l’aménagement économe. - Accueillir un lotissement dans le bourg
Pôle territorial de Fumel