édito

L’HUMAIN AU CŒUR DE TOUT !

par Michel MOGA président de l’Ordre

En concertation avec le Conseil National de l’Ordre des Architectes et avec les Conseils régionaux du Grand Sud, nous avons interpellé les élus sur le danger de l’étalement urbain et de la non-maîtrise du foncier. Le logement a été peu présent pendant les élections présidentielles.

A l’approche des législatives, faisons nous entendre :

Les élus de la République ont voté ces derniers mois des lois et décrets au mépris de la loi sur l’architecture de 1977 qui déclare « la création architecturale d’intérêt public ».

Des décisions qui mettent en difficulté une profession déjà gravement touchée par la crise. Dernier en date, le décret du 7 mai 2012, signé en toute hâte, le lendemain de l’élection de François Hollande.

Le « décret scélérat », comme le nomme Lionel Carli, Président du Conseil National de l’Ordre des Architectes, a pour seul objet de restreindre encore l’intervention de l’architecte dans la maison individuelle. Un décret signé en dépit du principe de lutte contre l’étalement urbain, dont tout le monde s’accorde pourtant à en dénoncer les conséquences environnementales dramatiques.

Nous avons dû aussi répondre aux attaques partisanes des constructeurs de maisons individuelles.

Nous rappelons aux promoteurs constructeurs que nous avons le monopole de la mission Permis de Construire et que notre vision globale et notre sens de la synthèse leurs sont indispensable pour réaliser des opérations séduisantes, commercialisables qui participent à la ville durable de demain.

Nous mettons en place des règles de bonnes conduites pour préciser nos relations contractuelles dans lesquelles des missions complètes sont souhaitées. Pourquoi donne-t-on plus d’honoraires aux commerciaux qu’aux architectes ?

Nos législateurs s’évertuent depuis plusieurs années, avec une accélération ces derniers mois, à s’attaquer au code des marchés publics et à limiter sa portée, par de multiples dispositions dérogatoires, (procédures de conception-réalisation, contrats de performances globaux, Partenariat Public-Privé) qui, une fois de plus, bafouent la loi sur l’architecture et déroulent un tapis rouge aux grands groupes du bâtiment au détriment des PME.

Être élu, n’est ce pas remettre « l’humain » au centre de tout, de préparer l’avenir en se questionnant sur le monde et la société dans lesquels nous voulons vivre ?

Penser la société, c’est se préoccuper du devenir de l’être urbain et de redéfinir, comme nous tentons de le faire dans ce journal, la place affaiblie de l’architecte dans le processus d’urbanisation actuelle à travers l’invite de Thierry Paquot, c’est considérer que la santé dans les bâtiments est un enjeu majeur de la révolution énergétique comme le rappelle Suzanne Déoux, c’est passer de l’idée à la matière urbaine par la maîtrise du chantier selon la belle leçon de Pierre Lajus, c’est produire, grâce à une relation de confiance entre l’architecte et le maître d’ouvrage, une architecture de qualité telle que l’office 64 de l’habitat de l’architecte Patrick Arotcharen.

Pour tout cela et parce que l’architecture est notre patrimoine commun présent et à venir ; les architectes doivent être incontournables.