édito

Spécial 47… Pour un département « spécial »

par Anne Coquel, conseillère et déléguée départementale du Conseil de l’Ordre des architectes d’Aquitaine en Lot-et-Garonne.

Un espace rural, une sorte de « grand jardin cultivé » aux paysages variés, équidistant de deux grandes métropoles aux influences culturelles si différentes. Un département peuplé de gens venus d’Europe et d’Afrique. Paysages variés, Humains aux cultures toutes aussi variées.

Une diversité qui oblige à l’effort et à la conscience pour vouloir se comprendre, qui forme à l’esprit critique dans un territoire où la Terre se rappelle à nous, même si nous ne sommes pas agriculteurs.

Une diversité que l’on retrouve, entre autres, dans le monde associatif et en particulier dans celui en lien avec les architectes. Leur existence même est peut être à mettre en relation avec l’isolement géographique de la plupart des professionnels, et le besoin de se retrouver ensemble. • Le Café-Archi, ouvert à tous, animant des rencontre/débats dans le même esprit que les cafés-philos animés par des architectes, urbanistes ou paysagistes. • Architectes en 47, orienté vers les professionnels et leur donnant un espace où échanger • Le Cobaty, qui réunit l’ensemble des acteurs de la filière de construction et de l’aménagement. Notons que désormais, cette filière est la première pourvoyeuse d’emplois et de chiffre d’affaires sur le 47. • Et n’oublions pas les étroites relations avec le CAUE qui promeut une architecture et un urbanisme contemporains ainsi que le recourt aux professionnels pour les projets qui le nécessitent.

Des professionnels qui officient sur des projets de situations, d’objectifs très variés, mais rarement à de grandes échelles.

Des gens de terrains avant tout autre chose. D’aucuns leur reprochent parfois leur peu de visibilité, mais il est difficile d’être « au four et au moulin » lorsqu’on est seul ou juste quelques uns. Dans un environnement où, avant de « faire œuvre », ils font leur travail, souvent discrètement, parfois jusqu’à faire oublier leur intervention. Et, ceci dans un milieu où ils sont encore mal compris. Mais, c’est normal au fond : la transversalité, l’action générale a toujours plus de mal à préciser ses interventions qu’un spécialiste à l’action ciblée.

Une situation qui ne favorise pas les relations avec certains de nos donneurs d’ordre, surtout en ces temps de dumping généralisé.

Néanmoins, nous devons réfléchir à notre devenir : Le département change : dans vingt ans l’espace agricole aura muté, l’agglomération agenaise n’aura plus le même visage, les nécessités environnementales continueront d’évoluer, les demandes des citoyens lot-et garonnais également. Quelle place prendrons-nous dans cette évolution ? Comment y participerons-nous ? Continuerons-nous à exercer chacun chez soi ou aurons-nous réussi à trouver des modes d’exercice permettant de mutualiser nos compétences et personnalités diverses ?

L’avenir est rempli de questions mais aussi plein des choix que nous ferons et de ce que nous y mettrons chacun et tous ensemble.