édito

Le logement une priorité !

par croa

Il manque beaucoup de logements en France. Les habitants veulent des loyers ou des prix de vente accessibles, des espaces généreux avec des prolongements extérieurs et des dessertes par transports publics. Le programme du quinquennat prévoit la construction de 150 000 logements sociaux par an et 250 000 logements privés. 900 000 logements devraient aussi être réhabilités chaque année. Un rêve en panne de moyens pour l’instant. Alors que la commande publique s’essouffle par manque de financement, ce marché est un challenge pour les architectes.

La ville, l’urbanité

Le foncier rare favorise l’étalement urbain. Les cinq projets des 50 000 logements de la Communauté Urbaine de Bordeaux proposent de densifier le plus d’espaces possible le long du parcours du tramway. Les projets participent à créer ou recréer l’urbanité, et à recoudre le tissu blessé. Le logement collectif, dans ce dispositif, fabrique de la ville. Il nous faut donc penser cette ville plutôt que les objets et articuler les espaces publics et privés.

Le contenu de la commande se déplace

Le coût social de l’architecture bâclée est lourd sur le long terme. Non seulement la pratique du projet du logement s’est complexifiée mais les critères de réflexions ont évolué. Ce travail pour produire de la diversité, de la mixité et de la variété typologique est trop souvent accompli sur le fil rouge.

Un constat alarmant

De plus, il nous faut surfer sur un océan de normes (H&E, HQE, RT2012) qui peuvent affaiblir le projet et des difficultés dans l’instruction des permis de construire. S’y ajoutent un foncier coûteux, des utilisateurs au budget limité, un manque de générosité de certains maîtres d’ouvrage avec des surfaces de logements limitées par le montant des loyers. Enfin les règles de défiscalisations changeantes entraînent des écueils dans les montages financiers et dans l’accès aux crédits pour les jeunes.

L’espoir

Toutefois, il subsiste chez les élus, les acteurs de la construction et les habitants un désir d’esthétique, d’urbanité et de cohésion sociale dans nos villes. Il y a chez les architectes, nous en témoignons, une passion de l’innovation et de la recherche, un savoir-faire et une expérience qui doivent permettre d’éviter une production stéréotypée. Le projet du logement est un espace d’excellence, un laboratoire de recherche pour trouver l’alchimie entre le coût et les espaces pour retrouver le plaisir de vivre en société  : le luxe c’est la surface  ! L’Aquitaine en croissance démographique demeure 
un territoire attractif et porteur de projets à venir. Ses architectes sont capables, dans des budgets contraints, de donner au logement social une dignité susceptible de faciliter l’appropriation  : nous construisons pour des habitants. Divers exemples dans ce numéro montrent que nos confrères savent trouver les ressources nécessaires pour proposer des cadres de vie valorisants et diversifiés.