Rebonds

Rebonds

par christiaan weiler , architecte

Je suis architecte néerlandais, en France (Paris) depuis 2003, à Bordeaux depuis septembre 2009. Il est important, comme vous l’indiquez fort justement («  308  » Spécial Dumping), de professionnaliser l’agence d’architecture vers une entreprise qui connaît ses moyens, afin d’équilibrer les «  ventes  » et les «  achats  ». Cette prise de conscience devra motiver les architectes à être réalistes par rapport à leurs propositions financières. C’est vrai, mais, si je me permets, ce n’est qu’un raisonnement de défense.

Je pense qu’il est très important de bien définir la «  valeur-ajoutée  » qu’apporte l’architecte en faisant ses études. Je pense qu’il faut aller au-delà des valeurs de genre «  intérêt public  ». Car des études biens menées aboutissent à un chantier mieux organisé, avec des conséquences financières non-négligeables.

Un dossier de marché bien établi est la base pour  :

  • un prix fiable (sans travaux supplémentaires),
  • des prestations fiables (sans trous aux CCTP),
  • un chantier rationalisé simplifié et plus propre,
  • une réduction de temps de chantier (réduction de frais généraux),
  • une mise en exploitation avancée (revenus anticipés).

Exemple (chiffres indicatifs)  :
Sur un chantier de 10 m euros on peut s’imaginer des honoraires de 500 k euros, et un pourcentage de dé-pas-sement de 100 k (1 %). Mais si nous donnons deux mois de plus à l’équipe d’études DCE à 50 k euros, nous évitons le dépassement de 100 k euros, nous faisons gagner 50 k euros au maître d’ouvrage. Si ces deux mois de préparation amènent à raccourcir le chantier de deux mois, nous évitons, ainsi, des frais généraux de l’ordre de 20 k euros. De plus, l’exploitation pourra commencer deux mois plus tôt, ce qui amène un retour sur investissement de 30 k euros. Grosso modo, si le maître d’ouvrage dépense 50 k euros de plus, il en gagnera 100 k euros de plus, une marge non négligeable.

Si nous nous réduisons à vouloir être les chevaliers de l’intérêt public, je crains que nous ne soyons limités à des projets bien particuliers. Il serait très formateur, de faire un inventaire de bons et de mauvais exemples, pour faire comprendre aux maîtres d’ouvrage l’importance d’un architecte sur le plan financier. Je pense que l’ordre pourra jouer ce rôle  ?