Paysage

Limoges « ville-paysage »

par Bénédicte Ferrey – Despaysages.

La présence de la Vienne en plein cœur urbain marque l’identité et l’histoire de Limoges. Le paysage de la vallée et de ses vallons est inscrit dans la ville et forme une armature paysagère aux nervures qui se diffusent dans l’espace urbain.

D’un paysage agricole à la fonction nourricière et industrielle exploitant la force hydraulique, la Vienne et ses affluents sont devenus au fil du temps un paysage public et récréatif, lieu d’interaction et de construction d’un nouveau récit urbain, fondement de la «  ville-paysage  ». La constitution d’une trame d’espaces verts s’appuyant sur l’espace des vallées a mis en valeur la perception paysagère de la ville, la lisibilité des interrelations environnementales et constructives entre la ville et son site d’implantation géographique.

Cette construction paysagère de la ville a commencé en 1965 avec un «  Plan Vert  », issu de la volonté politique de sauvegarde et d’aménagement des espaces naturels. Un écosystème composé de parcs et de promenades publics s’est ainsi déployé au fil de l’eau, ménageant des espaces de respiration paysagère au sein du tissu urbain, et générant des liens spatiaux, sociaux et culturels entre différents quartiers de la ville. Le chevelu des cours d’eau offre aujourd’hui des continuités de promenade jusqu’au cœur des zones périurbaines et au sein d’une succession de micro-paysages hérités de la campagne rurale.

La vallée de la Vienne et ses affluents sont désormais l’espace paysager, le cadre de vie et de vue, ainsi que l’armature publique de la ville. Fruit d’un long travail d’acquisition des terres et de planification urbaine, l’aménagement des bords de Vienne en promenade publique et de ses affluents en un chapelet de parcs de quartiers contribue à la qualité architecturale et paysagère de la ville.

À l’image des boulevards urbains et de leurs promenades plantées, la trame des vallées a généré une médiation constructive de l’espace urbain, un espace de «  réconciliation  » et une interface entre le noyau urbain et ses périphéries. Le paysage des vallées opère également une médiation dans le temps, permettant une continuité historique au sein d’une ville qui continue à s’organiser en interrelation avec son environnement et son site géographique. Concomitante au plan vert, la «  ville émergente  » des années soixante et soixante-dix, celle des grands ensembles, s’est déployée en rebord de vallée le long des affluents de la Vienne. Leurs compositions urbaines reposent sur une relation constructive avec l’espace des vallées et offrent une qualité d’imbrication entre urbanisme et paysage. Aujourd’hui, dans un espace urbain qui se déploie à l’échelle de l’agglomération, engendrant des continuités urbaines entre les villes périphériques et Limoges, la Vienne et ses affluents offrent encore des opportunités d’interfaces, de connexions et de respirations paysagères entre les différentes entités urbaines de l’agglomération.