édito

Vive la rentrée !

par Éric WIRTH, président du Conseil Régional de l’Ordre des Architectes d’Aquitaine.

Les vacances sont finies, et les beaux châteaux de sable édifiés cet été n’auront pas résisté longtemps au retour à notre dure mais passionnante réalité. C’est le temps de la rentrée, alors comment ne pas avoir une pensée pour nos 18 000 étudiants en architecture.

Comme je voulais être architecte, j’ai moi aussi été étudiant en architecture, et cela a été une des périodes de ma vie la plus enthousiasmante. Quitter une classe préparatoire pour rentrer en formation d’architecture était déjà en soi une raison de se réjouir. Quitter le foyer parental, accéder à la liberté, et profiter pleinement de la vie étudiante ouvraient également des perspectives festives dont il eut été dommage de se priver.

Cependant, avec le recul, je me rends compte que la sérénité que j’ai ressentie tout au long de mes études était surtout liée au fait que j’avais conscience, dès le début, que j’étais en train d’apprendre un savoir-faire plutôt qu’un savoir. Un métier. Et, au-delà, une identité.

Et c’est bien de cela qu’il est question aujourd’hui.

Personnellement, comme d’autres, j’ai obtenu un diplôme qui venait couronner mes années de formation, et me faisait me sentir, me considérer, Architecte. J’en aurais d’ailleurs presque tutoyé mes enseignants architectes à l’énoncé de l’avis du jury ! J’étais un des leurs.

Tout le monde aujourd’hui a un avis sur la HMONP. Personne n’en conteste le bien-fondé, comme personne ne conteste le fait qu’il faut avant toute chose apprendre, pratiquer et expérimenter l’architecture à l’école. Tout le monde s’accorde aussi sur les pistes d’amélioration de cette HMONP pour que ses moyens soient mis à la disposition de son objectif : la compétence d’une profession au service de l’intérêt public de la création architecturale.

Mais en organisant - assez maladroitement - cette HMONP, nous avons affaibli le diplôme, mais surtout, généré un vrai problème d’identité aux architectes DE, qui ne peuvent dire ce qu’ils sont : architectes.

Aussi, notre institution doit s’interroger sur notre titre : est-il lié à l’inscription au tableau ? au diplôme ? au métier ?, c’est à dire la maîtrise d’œuvre.

Quel est le sens du mot architecte ? Je suis architecte parce que je bâtis et je conçois ? Ou suis-je architecte parce que j’ai un diplôme d’architecte ? Faut-il distinguer port du titre et inscription au tableau ?

Ces questions sont un des chantiers ouverts par votre Conseil, et qui se prolongera bien au-delà de cette rentrée, et probablement après notre mariage avec nos voisins de Poitou-Charentes et Limousin.

Et qui dit rentrée, dit examen. Et dans notre cas, cette année, notre examen, va être de démontrer que nous sommes à la hauteur des nouveaux droits que nous a conférés la loi Cap, et notamment dans le cadre du Permis d’Aménager.

Pour cela, il va donc falloir se former ! Alors, bonne rentrée à tous. Et vive l’architecture.

1 Habilitation à exercer la maîtrise d’œuvre en son nom propre.