cultures

Size  : how much does it matter  ?

taille  : en quoi est-ce important  ?

par Vincent Arné, architecte.

La biennale de Venise s’ouvre en ce moment. Le commissaire de cette année, Alejandro Aravena, donne une teinte politique à un événement regroupant la jet-set de notre discipline sous le titre Nouvelles du front.

Le commissariat du pavillon français assuré par l’agence Obras associée aux AJAP 2014 y adjoint le sous-titre Nouvelles Richesses. Ils proposent un catalogue de réalisations développées dans des territoires supposés hostiles à la mise en œuvre de l’architecture. Ce travail critique est passionnant en ce qu’il questionne la relation que nos élites entretiennent avec la ruralité (entre La soupe au choux et Out of africa), toute l’ambiguïté d’une discipline hyper centralisée, qui regarde vers toujours plus d’urbanité, dédaigne ce qu’elle considère comme périphérique et finit par s’y développer. On souhaite que cette démarche helvetiforme fasse école tant elle ramène une distance saine à l’acte de bâtir, entre ancrage dans un territoire non artificiellement hiérarchisé, relation au tissu entrepreneurial véritablement qualifié et conscience politique de l’intérêt général.

Dans la même période, «  Le 308  » mettra à l’honneur une tendance mondialisée à la consommation raisonnée et locale dans le cadre d’un «  Cycle Matieres  » au cours duquel se succèderont les expositions «  Matière Grise  », produite par le Pavillon de l’Arsenal (commissariat  : Encore Heureux Architectes) et Terra Award 2016. Les expositions débuteront en juin, elles se poursuivront jusqu’à la fin du mois d’octobre, elles seront couplées à de nombreux événements intra-muros (conférences, workshops, restitutions) et extra muros, notamment des visites de chantiers et à Biganos la réalisation d’un certain nombre d’expérimentations grandeur nature, dans le cadre d’un partenariat unissant la ville, l’Ademe et Aquitanis à de nombreux autres partenaires.

En parallèle, la Maison de l’Architecture lance son opération de valorisation des productions locales sous le titre PRAd’A, dont les catégories S.M.L.XL répondront non pas à des programmes mais à des tailles d’opérations. L’idée est d’adosser la logique développée dans les précédents A+P&A à un prix Aquitain d’Architecture afin de faire émerger des réalisations et des maîtrises d’ouvrages dont la complémentarité a permis de livrer des réalisations exemplaires.

L’ensemble de ces évènements attestent, sinon de la bonne santé de notre discipline, à tout le moins d’une synergie dans les productions, les curiosités et l’envie de partager les savoir-faire. Elle porte les germes d’une évolution profonde de notre milieu et de la nécessité de valoriser nos productions auprès des donneurs d’ordre, non pas parce qu’elles sont locales mais bien parce qu’elles sont pertinentes dans la qualité de ce qu’elles produisent et dans la réponse intelligente qu’elles donnent à des équations souvent complexes.