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MUR/MURES.

par Laure Pelissier pour la Maison de l’Architecture d’Aquitaine.

« Pour faire « murmurer » les bâtiments de la France entière »

Du 30 juin au 22 septembre Le 308, Maison de l’Architecture d’Aquitaine, invitait à découvrir la restitution du projet MUR/MURES.

Cette exposition clôturait un projet d’éducation à l’architecture mené par Roberta Ghelli, doctorante Italienne, diplômée en architecture.

Parmi les nombreuses activités proposées pour diffuser la culture architecturale et faire comprendre le rôle des acteurs du cadre bâti, celles en direction des enfants ont une importance primordiale.

De plus en plus d’architectes s’y intéressent et développent des méthodes personnelles. Le 308 Maison de l’Architecture accueille ainsi tout au long de l’année, « Rue du Ptit chantier » et l’association « Extra ! » pour des ateliers hebdomadaires et des sessions de vacances. Elles interviennent aussi en milieu scolaire, prolongeant ainsi un travail de fond avec les enseignants, à l’instar du projet de Roberta Ghelli, dont le témoignage recueilli par Laure Pélissier expose avec clarté les objectifs et les bénéfices sociétaux d’une telle démarche.

Pouvez-vous nous parler de votre parcours en quelques mots ? Ce qui vous a amené à travailler avec les enfants ?

J’étais jeune étudiante en architecture quand j’ai ouvert mes yeux sur la ville de Turin. Sa beauté m’a tellement émerveillée que j’ai poussé mes proches à lever le regard, à découvrir ce qui nous entoure. Les prémisses de la médiation ! Mais le véritable déclencheur fut la conférence sur la transmission de l’architecture aux enfants, en 2008, au congrès de l’Union Internationale des Architectes. J’ai donc étudié la perception enfantine de l’architecture et aujourd’hui j’y dédie ma pratique d’architecte, d’enseignante et de doctorante à l’ensapBx.

Selon vous quel rôle joue la médiation de la culture architecturale sur le jeune public ?

Le rôle des actions éducatives d’architecture est, à mon avis, de donner aux enfants des « ?clés ? » pour qu’ils s’approprient leur cadre de vie quotidien. Cela pour devenir citoyens conscients et adultes créatifs, co-constructeurs d’un monde où, j’espère, chacun trouvera mieux sa place.

Vous avez nommé ce projet, MUR/MURES, qu’est-ce que cela évoque ?

Le projet MUR/MURES se bâti sur une démarche sensible et sur une approche imaginative. C’est un processus d’étapes qui a permis aux élèves de s’approprier doucement leur cadre bâti quotidien et de se familiariser à l’architecture. Ainsi, les « murs » de Bordeaux et de Mérignac ont « murmuré » des histoires à leurs oreilles.

Dans le cadre de votre recherche, que représente l’exposition de ces travaux ?

C’est une étape très importante qui a permis tout d’abord aux enfants de se rencontrer, de prendre conscience de l’ampleur de leur travail, de le situer par rapport à la ville et au travail des autres. C’est aussi un petit pas parmi ceux de beaucoup d’autres pour montrer l’importance de l’éducation à l’architecture et l’émergence d’une pratique : aujourd’hui, être architecte, c’est aussi transmettre l’architecture.

Comment envisagez-vous l’évolution de ce projet ?

Pour MUR/MURES, il s’agit aujourd’hui de trouver des subventions pour que le projet existe au delà de Bordeaux. Le rêve est d’arriver un jour à faire « murmurer » les bâtiments de la France entière : on aura de très belles histoires à écrire !