carte blanche

Architecte artisan.

par David RABOT EURL Cabinet d’Architecture du Castech (47) Inscription à l’Ordre  : 048570.

J’ai installé mon atelier il y a dix ans dans le nord du Lot et Garonne – secteur touristique et rural, dont je suis originaire - après avoir appris le métier en agence, en parallèle de mes études. Intervenant au début plutôt dans la rénovation d’habitat ancien, l’adaptation à la commande nécessitait de pouvoir établir tout type de missions et de projets, de par leur nature et leur (modeste) échelle. Sept 2004 / Sept 2014  : Le bilan de cette décennie est plus que mitigé, malgré un carnet de commandes correctement rempli, les revenus sont restés modestes… et le temps de travail hebdomadaire indécent.

Ce métier nous impose un éventail de connaissances et de compétences pluridisciplinaires extrêmement larges pour qui souhaite exercer «  indépendamment  » cette profession.

Lourdeurs réglementaires, formalisme administratif, appauvrissement qualitatif / difficultés financières des professions et services du bâtiment, etc… bref, des difficultés croissantes pour accompagner, dans les meilleures conditions, nos clients devenus si rares…

Au devant de ces derniers, il est maintenant nécessaire de défendre le bien-fondé de notre mission, de justifier notre service – commande privée et publique  !

Difficile d’assumer une «  compétition  » confraternelle car force est de constater le nivellement par le bas de nos prestations, de nos honoraires - et comment résoudre alors sans péril cette équation temps de travail / rémunération  ?  !

Je me sens Architecte comme je suis Artisan. En cela, je ne conçois pas ce métier sans la connaissance du matériau et de son travail, sans la conscience des caractères de la commande chaque fois singulière, et le sens de mon intervention tient dans la qualité de mon engagement et de mes échanges - du satisfecit final espéré lorsque le projet est (enfin) livré.

Il me semble que l’évolution réglementaire et productive actuelle tend à lisser le particularisme des architectes «  artisans  » au profit de structures suffisamment développées, étoffées, pluridisciplinaires et commercialement armées  ! Dont acte…

La liste des agréments, qualifications, et autres moyens de communication à acquérir et adopter, me laisse septique. R.G.E, B.I.M, etc, usines à gaz ou réelle avancée  ?

Mon cabinet doit s’adapter mais il nous faut garder des moyens simples de production, rechercher les possibilités de collaboration et mise en commun de moyens. Résister, quoi !