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Vers le PC 2.0, permis de construire BIMé...

par Olivier CELNIK, Architecte praticien, dirigeant associé de Z.STUDIO architectes, Conseiller à l’Ordre des Architectes d’Île-de-France.

Lorsque nous nous sommes interrogés sur ce que pouvait être le rapport naturel des architectes au BIM, nous avons pensé à ce qu’il pouvait nous apporter à nous (cohérence, étude et validation de variantes, productivité, meilleur contrôle et communication du projet…), mais aussi comment le BIM pouvait permettre aux architectes d’apporter davantage à leurs clients et à la société, en fonction de nos missions actuelles, et futures. Il faut éviter les craintes excessives, facteurs d’immobilisme, qui laisseraient la place ouverte à d’autres acteurs, comme éviter toute réflexion opportuniste ou corporatiste.

On arrive vite alors au rôle spécifique confié par la loi aux architectes, parmi les autres acteurs du projet et du bâtiment  : la conception du projet architectural faisant l’objet du permis de construire, ceci dans l’optique de la défense de l’intérêt public et sociétal.

Le permis de construire conçu et produit à travers une maquette numérique aurait de nombreux intérêts et avantages  :

- prise en compte des réelles caractéristiques du site et du terrain (si l’on dispose en amont d’une maquette urbaine fournie par la ville, et d’un «  volume juridique capable  » attesté (comme proposé par E. Malenfer, géomètre-expert), donc assurance du respect des questions réglementaires et de l’insertion dans le site,
- instruction facilitée pour la ville, qui trouvera dans la maquette numérique toutes les informations utiles, disponibles, précises, cohérentes (à partir du moment où les instructeurs seront équipés et formés, mais c’est dans ce cas chose facile),
- initiation du processus vertueux du BIM, développé par l’architecte avec ses partenaires, afin de compléter et préciser cette maquette et ses composantes tout au long des phases du projet  : études, appel d’offres, chantier, réception, mise en service de l’ouvrage, entretien maintenance et gestion du patrimoine,
- le PC étant l’expression formalisée et contractuelle du projet, immuable ensuite puisque ayant reçu l’autorisation, doit être issu d’une méthode optimisée pour garantir le respect du programme et des surfaces, des contraintes du site et des règles d’urbanisme, l’implantation sur le terrain, le parti architectural et constructif, le bbio, etc, tous les éléments que l’approche maquette numérique permet de constituer, tester, valider.
- de plus, on peut ajouter que la constitution d’une maquette numérique avec l’objectif d’un PC est accessible techniquement à tous les architectes sans nécessiter de très grandes compétences en outils numériques,

Par ailleurs représenter la volumétrie extérieure du projet avec un niveau de détail au 1/100e donne une bonne base pour échanger avec le client, les bureaux d’études, les entreprises, et aller plus loin ensuite.

C’est donc naturellement que l’on peut penser que les architectes sont bien placés pour contribuer aux inéluctables évolutions que connaitra le permis de construire à l’ère de la dématérialisation, du bâtiment 2.0, du BIM pour tous.

Olivier CELNIK est aussi enseignant aux écoles d’architecture de Paris Val-de-Seine et Versailles, co-auteur du livre BIM et Maquette Numérique (Eyrolles-CSTB éditeurs, juin 2014), co-directeur du Mastère Spécialisé BIM, école des Ponts ParisTech – ESTP, membre du Groupe de Travail BIM du CNOA, administrateur du site Pratiques du BIM. (www.linkedin.com/groups ?home=&gid=5174224&trk=anet_ug_hm)