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Demain tout numérique  ?

par Charlie Urrutiaguer, ingénieur de l’isa Btp (Institut Supérieur Aquitain du Bâtiment et des Travaux Publics), Chef de projet, Directeur Adjoint, Cluster Eskal Eureka.

Il y a encore 15 ans, qui pensait que les Rotrings et les tables à dessin allaient disparaître du quotidien de l’architecte, ou que les emails allaient remplacer le courrier puis les fax  ? Les moyens de production et de communication ont radicalement changé en l’espace d’une vingtaine d’années. Une véritable révolution numérique est à l’œuvre, le BIM en est l’un des résultats immédiats, et le reste est sûrement à venir  !

Autour de la maquette numérique, gravitent de nombreuses technologies  : Scanner Laser 3D, drones, relevés photogrammétriques, imprimantes 3D, puces RFID, flashCodes sont autant d’outils et techniques qui pourraient encore bouleverser nos méthodes de production. La numérisation 3D permet par exemple d’obtenir un relevé précis et exhaustif. En plus de récupérer les plans, tous les intervenants ont accès à un espace de visualisation en ligne qui leur permet de prendre des cotes, faire des annotations et collaborer, sans formation particulière. Le potentiel de cet outil est énorme et trouve de multiples applications (préparation de chantier, réception des ouvrages, gestion de patrimoine, expertise etc.).

Tout le monde parle aujourd’hui de la démocratisation de l’impression 3D (la barre des 1 000 euros a été franchie pour certaines machines), et d’aucuns pensent qu’il s’agit de l’un des éléments déclencheurs d’une troisième révolution industrielle. Nous y associons généralement la possibilité de fabriquer des petits objets du quotidien. Dans le bâtiment, il pourrait s’agir de la fabrication de petites pièces spéciales, ou de la construction de maquettes réalistes pour faciliter les échanges avec le client. Il s’agit de possibilités permises par ces technologies, mais les potentialités sont bien supérieures. Au départ, les imprimantes 3D n’utilisaient que certains types de plastiques et résines. Elles peuvent maintenant travailler de nombreuses matières parmi lesquelles le béton, le sable, la céramique, le bois ou le marbre, la pierre ou les matériaux organiques  ! Le procédé a déjà permis de construire expérimentalement des maisons en Chine, à Amsterdam et aux Etats Unis, soit par la préfabrication d’éléments, soit pour la construction complète de ces maisons grâce à une «  imprimante  » géante et mobile.

Pour terminer, les modèles numériques BIM «  tels que construits  » seront intégrés à des systèmes d’information géographiques regroupant tous types de données utiles à la gestion du quartier, de la ville ou du territoire, constituant les matrices nécessaires à la création de quartiers, de réseaux et de territoires «  intelligents  ». Entendant par intelligence les modèles de production, de stockage, d’analyse et de traitement des données, reste à savoir qui participera à l’élaboration de «  l’intelligence  »  ?

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