entretien / portrait

Développer de nouveaux quartiers en éco-aménagement et éco-construction avec une forte valeur d’usage du logement et des coûts maîtrisés.

par paul canet , architecte

Entretien avec Mr Jean Grenet, maire de la ville de Bayonne.

Quels sont vos projets proches et futurs en matière d’aménagement du territoire et de l’urbanisme ?

La ville de Bayonne poursuit et anime une politique de développement et de renouvellement urbain axée tout autant sur de grands projets urbains que sur des opérations plus modestes mais, pour beaucoup d’entre elles, stratégiques. Le réaménagement des rives de l’Adour fait partie des grands projets urbains de la ville. Il se concrétise par deux grandes opérations.

Rive gauche de l’Adour, autour du pont Henri-Grenet, le projet d’aménagement est mené par le groupement Kaufman and Broad associé à l’équipe Luis Mateo, architecte et M. Desvignes, paysagiste. Ce programme couvre environ 60 000 m2 shon sur 4 ha. Il se compose de logements, de tertiaire, de fonctions hôtelières et de surface commerciale.

Rive droite, la ville et la communauté d’agglomération étudient avec le bureau d’études AREP, le réaménagement du quartier situé entre les ponts Saint-Esprit et Grenet avec la gare et le quai de Lesseps. Cette opération est centrée sur la réalisation d’un pôle d’échange intermodal LGV performant à l’horizon 2016, associé à une opération d’urbanisme d’environ 100 000 m2. Nous sommes dans la phase de maîtrise du foncier, avant de passer à la phase opérationnelle en 2011.

Les autres actions d’aménagement du territoire bayonnais consistent à développer de nouveaux quartiers avec, en référence, l’éco-quartier du Séqué. Le programme prévoit 600 logements, dont un EHPAD (Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) de 98 lits, répartis sur 9 îlots, soit une capacité totale de 1 600 habitants sur une dizaine d’ha. Au programme : éco-aménagement et éco-construction bien sûr, mais surtout une démarche expérimentale et volontaire d’appel à projets sur le nouveau logement collectif. Les objectifs imposés conjuguent une forte valeur d’usage du logement et des coûts de réalisation maîtrisés. Sur place, les travaux de viabilisation ont démarré. L’objectif de livraison des constructions est fixé à fin 2011. Une première tranche de 330 logements sera commercialisée au printemps 2010.

La ville de Bayonne pilote également le grand projet de rénovation urbaine (ANRU catégorie 2) des Hauts de Bayonne. C’est un investissement de 90 millions d’euros qui intègre dans sa programmation la réalisation d’équipements de qualité et HQE tels qu’un centre aquatique avec trois bassins, un centre de création éducative et culturelle dédiée aux arts vivants ainsi qu’une salle festive, une maison de l’emploi, une maison de la solidarité départementale ainsi qu’une rénovation du collège Albert Camus.

D’une manière plus globale, la direction du développement urbain étudie actuellement l’ouverture à l’urbanisation de nouveaux territoires, en particulier à vocation mixte et économique.

Quelle est votre politique urbaine et architecturale actuelle de développement durable dans les domaines de réhabilitation et de développement urbain ?

La ville de Bayonne n’a pas de parti pris architectural, mais plutôt un souci d’intégration et de respect de l’environnement existant, du quartier. La politique urbaine s’applique à proposer des logements près du centre-ville en anticipant en amont le déplacement et le transport des habitants. Nous intégrons actuellement les premiers résultats du PLH. Il ne s’agira pas non plus d’appliquer une règle fixe sur un pourcentage de logements sociaux pour chaque nouveau projet privé ou public, mais de définir par zone le nombre de logements sociaux à imposer aux dits projets.

Concernant le développement durable, tous les nouveaux projets intègrent une performance énergétique de type THPE ou BBC. Prenons l’exemple du terrain des Sœurs Blanches. Ce projet, confié au cabinet Crantz-Berdalle, prévoit 140 logements dont 25 % de logements sociaux aux portes de Bayonne, rive droite. C’est le premier permis BBC qui sera délivré par la ville de Bayonne. Le développement durable ne touche pas uniquement les nouveaux projets mais s’intègre peu à peu dans la réhabilitation du centre-ville. À ce titre, une étude est menée depuis un an afin de connaître les performances énergétiques de ces bâtiments en fonction de leur époque de construction. En se basant sur ces enseignements et sur un nouveau dispositif d’aide de l’État (PNRQAD*), la ville va pouvoir poursuivre sa politique de réhabilitation du centre ancien en intégrant des critères de développement durable.

Quelle est la place des architectes dans votre politique de marchés publics ?

La ville de Bayonne ne mène pas une politique de promotion immobilière mais de création de projets urbains. Et dans ce sens, nous sommes très attachés aux relations avec les architectes, vrais créateurs de projets, avec qui nous nous accordons pour mettre en place nos diverses politiques en assurant la création contemporaine.

* Programme National de Requalification des Quartiers Anciens Dégradés, d’un montant de 10 à 15 millions d’euros pour Bayonne.

  • Monsieur le député-Maire de bayonne, Jeau Grenet,

    Monsieur le député-Maire de bayonne, Jeau Grenet,

    Crédit photo : Cédric Pasquini