page image

Renaissance

par Boubacar SECK, architecte , architecte , par sandrine brisset - capdevielle , architectes

PÔLE INTERCOMMUNAL LECTURE PUBLIQUE ET ARCHIVES

PILPA de Pau

A l’heure du Grenelle de l’environnement et l’ère du développement durable, la problématique de la reconquête des friches industrielles est devenue un sujet qui offre de beaux champs de réflexion et d’action pour la profession d’architecte.
Le paysage offert par l’opportunité du projet est une des nombreuses propositions posées sur la table urbaine. L’enjeu de ce projet a été, avant tout, la nécessité de reconquérir un territoire marginalisé, déstructuré, abandonné à l’assaut des changements efficaces enfonçant inexorablement les clous de la désindustrialisation. Le site, isolé, dissimulé derrière les tribunes du Grand Prix Automobile tourne le dos à la ville.
« La réussite de sa requalification dépendra de la qualité de sa greffe sur le tissu urbain annonce l’architecte tel un pacte d’urbanité signé sous les cendres de cette industrie humaine et patrimoine du 19ème siècle. Cette industrie humaine qui fut un temps reléguée à l’entrée de nos villes dans des boîtes.
Pour cela, il faut d’abord donner l’exemple. Le projet s’y emploie en réhabilitant les deux bâtiments existants et les reliant à une extension par des passerelles ou des espaces favorisant la fluidité des lieux. Ces volumes en scansion assument leur altérité, entre blocs de pierre, serpent de verre et monolithe en acier Corten. Ils abriteront les services des archives et ceux de la médiathèque de Pau (prévus initialement dans le spectaculaire projet de médiathèque de Zaha Hadid).
Pour tendre la main à la ville, les architectes tentent de faire tomber les murs de la distance ou de rendre discret ce qui ne peut être supprimé : les fameuses tribunes, la grande dénivellation. Ils transforment une aire de stationnement banal en « jardin-parking » dans la continuité du parc en allant chercher comme matériaux les eaux qui lèchent les berges de l’Ousse, les cerisiers en fleur, les grands et ombreux conifères dressés comme la cheminée conservée, les platanes majestueux en aval et la belle palmeraie du Boulevard des Pyrénées sur les hauteurs de la ville. Une manière de construire la nature et de faire bourgeonner la pierre.


Maîtrise d’ouvrage
Communauté d’Agglomération de Pau-Pyrénées

Architecte
Jean-Jacques Cachau Paysagiste associé à l’équipe lauréate
Cyrille Marlin

Montant des travaux
5 000 000 € ht Surface SHON 4 542 m2 sur deux bâtiments réhabilités, un bâtiment des passerelles, mais sans les locaux techniques.

Planning travaux
Début : avril 2008 par 2 mois de préparation Début du chantier : fin mai 2008 Durée : 16 mois

Date de livraison
Févier 2010

Démarche Paysagère : un jardin de voitures
Cette fonction du jardin n’est pas sans rapport direct l’histoire de Pau et de cette zone de jardins juxtaposés laquelle se superpose depuis un siècle un circuit automobile. Concevoir un « jardin-parking » signifie donc s’inscrire dans ce processus historique d’aménagement de l’espace par des jardins qui caractérise cette partie démonstrative la ville…
C’est ce sens que nous nous proposons d’exploiter l’aménagement du site.
Pour réaliser ce jardin, nous proposons d’utiliser trois espèces d’arbres dont les principales qualités sont transformation d’apparence très spectaculaire au cours des saisons : les cerisiers à fleurs du Japon (type Prunus yedoensis à fleurs simples : floraison printanière et d’automne) ; les érables du japon (type Acer palmatum feuillage d’automne, feuillage d’été, fruits au printemps) et les Paulownias (Paulownia tomentosa : fleurs avant feuilles et feuillage d’été épais et élégant)