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Architectes en 47, une source !

par Pascale Rabeau-Munari, architecte.

Architectes-en-47, un nouveau club branché  ? Les membres sont sympas, on rigole bien ensemble, on peut casser du sucre sur ceux qui nous mettent des bâtons dans les roues… Mais non, ce n’est pas un club. Dans nos échanges, nous mutualisons nos tuyaux, astuces, expériences des rouages et procédures administratifs, nous faisons part de nos questions, difficultés, échecs et réussites. Un vrai lieu-ressource, où nous tenons une veille règlementaire. Loin du REEF (inaccessible aux petites structures). Grâce à l’un d’entre nous, il y a même des formations organisées localement. Du grand confort  !

Un syndicat, alors  ? Encore raté. Nous ne sommes ni revendicatifs ni corporatistes défenseurs d’avantages acquis. Ce que nous cherchons ensemble, ce serait plutôt une vision du travail, une certaine éthique, une sorte de code de bonne conduite (vous avez dit dumping  ?). L’association nous permet de ne pas jouer perso pour demander une entrevue avec diverses instances, ou des élus qui n’ont aucune idée de notre métier… Et même dénoncer ou faire prendre conscience de ratés ou de dérives. Elle nous permet aussi de participer à des salons pour le grand public qui ignore tout de ce que nous pouvons apporter.

Lutter contre l’isolement professionnel L’architecte est parfois ce «  poor lonesome cow-boy  », ce loup solitaire qui court la tête dans le guidon. Et le «  confrère  » est souvent ce «  concurrent à abattre  », ce sale c… qui n’a rien de fraternel, qui nous a piqué telle affaire (mais qu’est-ce qu’il a de plus, celui-là  ?) Il devient ce compagnon de route qui partage et expérimente nos problèmes, nos doutes, nos déceptions, nos aspirations de qualité, parfois nos rages. Les générations se croisent, avec leurs aventures, et tout ce qui fait la vie du loup. C’est un des seuls lieux où l’on peut parler ainsi de nos rêves et, comme dans les bons vieux ateliers de l’école, débattre du territoire, de l’urbain, de la lumière, élargir notre regard. Parmi nous s’est même égarée une paysagiste. Tout à coup, nous regagnons 10, 20, 30 ans d’âge (ou plus si affinités), pour repartir battre la campagne et hurler à la lune notre amour de l’architecture, de la nature, de la beauté.

Donner envie, susciter des initiatives et des vocations Nous rassemblons aujourd’hui un tiers des architectes du département. Un élu, habitué aux scrutins majoritaires, nous affirma sans rire «  quand vous serez plus de la moitié, vous serez écoutés  ». Invités par tel ou tel, par exemple par notre regrettée consœur Anne Coquel et sa délicatesse dans l’accueil des jeunes, certain(e)s sont venu(e)s à reculons. La chaleur humaine de nos auberges espagnoles (modérément) arrosées et l’humble utilité toute simple de nos échanges ont fait le reste.

Architectes en 47, c’est plus qu’une association, plus qu’une ressource. C’est une source. Danse avec les loups  !