édito

Jouons collectif !

par Michel Moga , président de l’Ordre

En septembre 2010, va s’achever la première partie de notre mandat. Le slogan choisi par l’équipe des neufs candidats, « Ensemble, occupons l’espace », reste plus que jamais d’actualité. Travailler et agir ensemble, relève aussi bien d’un engagement personnel que d’une manière d’exercer notre profession.

S’engager et penser ensemble
Nous vivons trop dans « l’égo du projet », qui est la traduction de notre conception de l’architecture, mais qui n’est que le point de départ d’une mission plus globale et de plus en plus complexe. Nous avons plus d’idées à plusieurs, et un regard critique extérieur est souvent nécessaire. Le groupe n’est pas la négation du « moi », mais le « moi » au service d’un objectif commun. Apprendre à écouter – Accepter et comprendre le point de vue différent des autres – Développer ses arguments – Trouver la synthèse qui enrichit le projet.

De la force de l’équipe
Par choix, ou par obligation, près de la moitié des Architectes français travaillent seul. En même temps, les exigences des maîtres d’ouvrage, la réglementation et les préoccupations environnementales demandent de plus en plus de compétences autour du projet. L’équipe est plus performante si ses différents membres sont complémentaires, s’ils agissent sur des territoires bien définis. Le groupe gagne en efficacité, créativité, réactivité, crédibilité. Ce gain de temps permet de développer la qualité et libère de l’espace pour la communication, qui est un domaine dans lequel nous pouvons et devons largement nous améliorer.

De l’agence d’architecture à la société d’architecture
Nos agences d’Architectures sont trop petites pour prétendre participer à des projets de grande échelle, ou pour peser sur les intervenants de l’acte de bâtir. Nous payons à l’extérieur des compétences que nous pourrions intégrer à plusieurs dans des regroupements d’agences, ponctuels ou organisés. Des confrères qui ont réuni plusieurs agences moyennes en une seule entité, sont étonnés de constater comme ce changement de taille a transformé leur vie professionnelle. Pourquoi pas des GIE (groupements d’intérêt économiques) qui unissent plusieurs Agences employant des compétences complémentaires ?

Le très mauvais exemple du « dumping des honoraires » est actuellement en train de pénaliser durablement le groupe que nous formons. Notre liberté de créer et la reconnaissance de la qualité de nos interventions, passeront par la mise en commun de notre énergie, et non par des comportements individuels du « coup par coup », pour se sauver tout seul, momentanément.